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«Raymond, ramasse pas ça !»

La plus proche de nous, la plus concevable, aussi. À la fin du XIX° siècle et au début du XX°, selon Marie-Nicotine Iu et Alexiure Chang, il est mentionné une attraction très prisée dans les villages, à cette époque, appelée : «Raymond, ramasse pas ça!». Il s’agissait d’un simple tourniquet
mu, à la manivelle, par les
(planches 618)  exploitants du «Raymond». Des pavés coloriés et munis d’un anneau
 
de fil de fer étaient disposés tout autour de ce tourniquet.
(planches 712)
Six personnes par tour, hommes ou femmes, montaient sur le «Raymond». Les joueurs devaient être six à chaque fois. Le tour coûtait un sou. Chaque joueur était muni d’une perche avec un crochet au bout et devait, pendant la rotation, attraper un pavé
(planches 304) (planches 62)
Le tour était fini quand chacun avait son pavé. Quand un pavé était pêché, il était retiré du jeu. Il y avait, disposé autour de «Raymond, ramasse pas ça !», six cent deux pavés colorés. Les propriétaires/exploitants avaient donc gagné, à la fin du tournoi, au plus, trente francs et deux sous à se partager. Et seulement si tous les pavés étaient attrapés. Ce jeu n’avait, il faut le dire, que peu d’intérêt. Parfois, le manège était accompagné par le tambour du garde champêtre, parfois par un clairon qui jouait des sonneries militaires... Dans certains villages, plus «aisés», un orgue de barbarie était actionné par la manivelle entraînant toute la structure... Le grand succès de cette attraction tenait tout de même beaucoup aux quatre pavés dits «spéciaux». Pour que le jeu du «Raymond, ramasse pas ça !» soit conforme, il ne devait y avoir parmi les pavés colorés que quatre, et seulement quatre «pavés spéciaux». Dès qu’ils étaient pêchés le jeu perdait beaucoup du peu d’intérêt qu’il avait.

Les quatre
«pavés spéciaux»
perdus dans les
six cent pavés colorés déclenchaient, dès qu’ils étaient soulevés, l’allumage d’une bombe surprise.  

(planche 1040)
Chaque pavé avait sa dénomination et sa signification, son verdict... Parmi les quatre, deux impliquaient des évènements bénéfiques pour le pêcheur chanceux, les deux autres, des évènements moins souhaitables.

Parmi des volontaires, une fois le tourniquet monté, le «roi Raymond» et la «reine Raymonde» étaient élus par les autres villageois. Ils étaient parés des plus beaux atours, choyés, servis et, surtout, abreuvés par les gens du village.

Il y avait le «Maudit Pavé» qui, en faisant exploser une bombe fantaisie envoyait des confettis rouges, obligeait le «pêcheur» à fournir à boire à tout le village, et ce jusqu’à minuit, le «Pavé Magique» qui envoyait des confettis bleus, donnait le droit de passer une nuit avec le roi Raymond ou la reine Raymonde, au choix, le «Pavé de la Mort qui tue» qui envoyait des confettis jaunes, donnait aux cinq autres joueurs le droit d’infliger un gage au «maladroit» et enfin, le «Pavé des Anges», le plus convoité de tous, qui envoyait des confettis verts, obligeait les cinq autres joueurs à répondre, sans restriction, à tous les désirs de l’heureux gagnant jusqu’au lendemain matin à cinq heures.

Et s’ils étaient pêchés rapidement, ça n’était même pas un mauvais coup pour les organisateurs/propriétaires/exploitants. Même s’il ne restait que le «Maudit Pavé» et le «Pavé de la Mort qui tue» à trouver, il se trouvait toujours des volontaires pour monter sur le tourniquet et jouer à se mettre en danger. Après que tous les «pavés spéciaux» soient ramassés, il y avait encore des clients ! Plus rares, néanmoins. Mais quand même !
À ces époques, les distractions étaient rares dans nos campagnes, des jeux simples et ennuyeux, à l’enjeu inexistant ou même pénalisant, parvenaient toujours à attirer du monde.


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CLAUDE CHAUTARD
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